Heureusement, soutenir le sommeil en été ne veut pas dire reproduire exactement la routine de novembre. On parle
davantage de préserver certains ancrages, un peu comme on continue d’offrir de l’eau même en vacances ou comme on
encourage encore les enfants à bouger, jouer dehors et manger suffisamment.
Quelques pistes simples qui peuvent parfois faire une vraie différence :
1. Miser sur la lumière du matin : Même après un coucher un peu plus tardif, sortir dehors, ouvrir les rideaux ou
déjeuner à l’extérieur peut aider le corps à retrouver ses repères.
2. Penser récupération, pas seulement activités : Une journée au camp de jour, à la plage ou en visite à la ferme
demande aussi des moments plus calmes. Alterner les grosses journées et les moments plus doux peut aider le
réservoir à suivre le rythme des vacances.
3. Garder quelques ancrages transportables ; Même en camping, chez grand-maman ou à l’hôtel, certains petits
repères voyagent bien : une histoire, une chanson, un toutou, une routine simplifiée, une veilleuse familière.
4. Observer le réservoir interne plutôt que regarder uniquement l’horloge sur le mur : Réveils difficiles, irritabilité
inhabituelle, émotions plus explosives, enfant « trop tannant pour lui-même » … le corps envoie parfois ses propres
indices.
5. Ajuster sans viser la perfection : Après un week-end très chargé, un rythme un peu plus doux, une sieste, une
soirée tranquille ou un coucher légèrement devancé peuvent parfois faire toute la différence.
Avant d’ajouter une activité, se demander : Mon enfant est-il encore en mode « plein d’énergie » … ou est-on
davantage rendu au voyant d’essence qui clignote?
On parle souvent du maintien des apprentissages pendant l’été. Lire un peu, jouer, explorer, découvrir, bouger, créer… Et
tout cela est précieux.
Mais pour apprendre, s’adapter, gérer ses émotions, socialiser, mémoriser de nouvelles expériences et profiter
pleinement de ce que l’été a à offrir, le cerveau a aussi besoin de récupération. Pas dans une logique de contrôle, mais
dans une logique d’équilibre.
Vous savez, le sommeil ressemble peut-être davantage aux autres besoins essentiels qu’on ne le pense. On ne cherche
généralement pas la perfection alimentaire pendant les vacances. On ne compte pas les protéines consommées lors
d’une épluchette de blé d’Inde, mais on sait intuitivement qu’un enfant nourri exclusivement de maïs et de hot-dogs
pendant six semaines risque éventuellement de nous envoyer quelques signaux. Même logique ici. Le sommeil n’a pas
besoin d’être parfait. Il a simplement besoin d’avoir une place au menu.
Parce que les vacances ne sont pas faites pour performer, elles sont faites pour vivre, jouer, ralentir, découvrir, rire,
bouger, créer des souvenirs. Et souvent, ces souvenirs se savourent encore mieux quand les besoins de base voyagent
eux aussi dans les bagages.
Lʼété ne demande pas la perfection. Il demande quelques repères.
Quʼen est-il des apprentissages?
Émilie LeBlanc
Éducatrice, Somnopédagogue™
de l'enfance 0-12 ans
marrainedudodo.com
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