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dossier un drame

Un drame
1h
|
SACD 280620
de et mes Stéphane Els
interprète : Franck Jouglas
lumières : Georges Portelli (sous réserve)
genre : seul en scène théâtre contemporain
compagnie la nuit le jour
www.lanuitlejour.com
L’histoire
Cet homme a un problème : il ne comprend pas le monde qui
l'entoure. Il ne perçoit des autres que les gestes, banals et
quotidiens, réglés comme des gestes d'automates, et ne comprend
pas comment ces gestes peuvent parfois mener au pire (à la colère,
à la violence), tout comme ils le mèneront, lui aussi, au pire : son
suicide.
Aussi, ce jour où, arrivant sur son lieu de travail, il découvre qu'on a
soudain changé ses habitudes, son bureau, ses dossiers, etc. : ce
changement va rapidement conduire notre homme au drame...
L’histoire absurde, poétique, drôle et émouvante d’un homme
qui, quelques minutes après être arrivé sur son lieu de travail,
« décide » de se jeter par la fenêtre.
Le propos
Un drame est une réflexion sur l'écart de nos vies intérieures, désordonnées
(parfois folles), et d'une vie extérieure qui n'en laisse rien paraître. Une évocation
du monde du travail, si bien réglé, trop, qu'il ignore presque tout de ces excès
intérieurs. Surtout une réflexion sur les gestes qui nous conditionnent, qui
nous définissent, et qui nous simplifient, tant le contraste est grand parfois du
geste, simple en lui-même, et de la vie intérieure qui le porte.
Réflexion alors sur le geste, plus rare, de se tuer - geste ahurissant, qui
voudrait tout résoudre, mais qui ne résout rien, et qui simplifie tout
commodément... Geste qui surplombe pourtant par son audace, parce qu'il est
inédit, et scandaleux; et parce qu'il prend de court le monde - y compris, parfois, le
suicidé lui-même... Enfin, une réflexion sur le métier de comédien, dans
son art de se détacher, de faire semblant, d'emprunter aux autres les gestes,
les mots, les attitudes
Le personnage
Notre homme (appelons-le Jean-Pierre) travaille dans une grande entreprise, au
10
e
étage d'un très grand immeuble. Un anonyme, parmi tant d'autres. Sensible,
mais raisonneur, comme l'exige son métier, un métier de précision (il est
comptable); et involontairement drôle, par le défaut me de ce métier, et de sa
personnalité un peu naïve et maniaque... Il y a en effet du saugrenu, et un peu
du fou dans la façon dont notre homme tient ses raisonnements, et dans le
déroulement de cette histoire qu'il justifie vers le suicide. Comme il y a quelque
chose pourtant de très juste dans son étonnement devant le monde, qui révèle un
tragique besoin de lucidité...
Le ton de la pièce
La pièce est une enquête sur la brusque tournure qu'a pris un matin le cours de la
vie d'un homme. Une sorte d'autobiographie post-mortem. Est-il vraiment
mort celui qui raconte devant nous sa mort? Et de quel lieu nous parle-t-il? On ne
sait. On joue avec les hypothèses, les idées surtout (toutes sortes d'idées), avec les
gestes, s'appuyant sur des anecdotes qui, pièce par pièce, vont livrer les instants
cruciaux de ce jour fatidique composant ainsi un point de vue sur la vie parfois
drôle, un peu étrange, et profond...
Le thème du suicide est traité avec humour, mais aussi à la façon d'une chose
très sérieuse, trop sérieuse qu'elle en devient absurde. Plus important, le
thème de l'étrangeté à soi, des gestes que l'on accomplit chaque jour, sans y
réfléchir, gestes qui nous possèdent, ou dans lesquels on s'oublie opportunément.
D'où il se tire comme une philosophie, un peu paradoxale (effrayante peut-être) que
le corps est fiable (si l'esprit ne l'est pas), et que le geste est parfois ce qui nous
sauve autant qu'il nous tue...
Seul en scène
Un comédien incarne ce personnage seul en scène, comme il est seul dans la
vie qu'il décrit. A l'appui de son enquête, et de sa démonstration, différents
accessoires de son quotidien au travail. Une part est faite aux gestes
dans ses tentatives de reconstituer la chorégraphie des événements et de
son suicide, dont il analyse chaque minute. De grandes planches
photographiques font l'illustration de ces points de détails dont il fait la
pédagogie avec le public. " Voyez-vous, c'est ici que tout a basculé..." Toutes
preuves (réelles ou imaginaires) qui lui permettent ainsi de comprendre comment
il a pu en arriver ... Certaines pertinentes, d'autres un peu cocasses accusent le
décalage de son raisonnement, qui fleure parfois (drôlement) la divagation...
document à usage professionnel uniquement
diffusion restreinte
- droits réservés
photos
& texte
: S. Els (DR)
Note d’intention
Cette pièce parle incidemment du monde du travail, et de harcèlement moral.
On place un homme en quarantaine, le prive de son travail, et lui ôte toute
possibilité de prouver son existence. Un jour qu'il se rend à son bureau, notre
homme feint de découvrir (avec un mélange de déni et de candeur un peu
fantastique) que tout a subitement changé autour de lui.
Ce thème toutefois est en arrière-plan, et n'est pas le plus essentiel.
L'idée de cette pièce serait surtout qu'on ne possède pas ses gestes. Celui du
suicide (où l'on met sa vie en jeu pourtant) pas plus qu'un autre. Ce sont les
gestes qui nous possèdent. Je dis : "serait", car je voulais dans cette pièce
montrer que le suicide est bien un acte (et non pas seulement un "geste"), et un
acte que l'on possède, et choisit de commettre.
Cette pièce-là reste encore à écrire, car il semble que "Un drame" finisse par une
sorte d'acte manqué, puisque le personnage se suicide, comme par maladresse,
et ce bien qu'il ait organisé toutes les circonstances pour le faire, et que son
intention soit réelle.
Les journaux disent pour qualifier ce genre d'acte : "Il a eu un geste
malheureux", comme s'ils déniaient au suicide la capacité d'être un acte. Il y a
plusieurs raisons à cela. La première serait la stupeur et la crainte que l'on a du
suicide, en général. Une autre serait de dire, comme l'a dit AndBreton, que
"la main qui tue n'est pas la même que celle qui est tuée"; en somme, que l'on
ne peut pas vouloir réellement se tuer. La vie ne pouvant tuer la vie, il faut qu'il
y ait eu derrière une anomalie, une pathologie. On se suicide par dépression, ou
par impulsion, ou par harcèlement. Mais on ne fait pas le choix du suicide, parce
que d'une certaine façon, on ne sait pas commence l'acte du suicide, et l'on
n'est plus bien sûr pour voir il finit. Ce n'est pas un acte que l'on peut
vouloir. On ne se tue pas : c'est donc quelqu'un d'autre ou quelque chose d'autre
qui nous tue.
La question alors est, d'une manière plus générale, quel acte peut-on vouloir?
Est-ce qu'on peut décider et habiter nos actes, ou n'est-ce pas les actes, et les
gestes qui nous devancent, et qui organisent notre volonté? Vous croyez
commettre un choix, mais le geste ou l'acte ont déjà commis ce choix pour vous.
Dans beaucoup de cas, la science soupçonne que l'acte précède la pensée. Et
c'est le cas singulièrement du suicide dont on veut nous faire croire (par peur
du suicide, car le suicide fait peur) qu'il n'a rien à voir avec la pensée.
Pourtant je continue de penser, à mon tour, qu'on peut se suicider par choix, et
par volonté, et que c'est calomnier le suicide que lui refuser cette possibilité,
comme c'est calomnier tous les actes que de refuser que l'on puisse avoir prise
et choix sur eux.
Les expressions populaires sont d'ailleurs elles aussi pleines de "gestes", comme
une façon de réduire ou de dénier la possibilité de l'acte. On dit : " Un geste de
bravoure"; " Faire un geste" ou "Avoir un beau geste"; "Pour la beauté du
geste"; " Tout est dans le geste"; "Un geste positif", etc. Alors qu'il s'agit chaque
fois bien d'un acte. - Comme si l'acte devait se réduire à sa dimension
esthétique, faute d'avoir une emprise meilleure sur lui. Ou, comme si le but ou
l'intention de l'acte n'avait pas tant d'importance que son apparence, ou son
commencement. Ne restant alors que la beauté du geste, en effet...
Dans le monde du travail est enfermé notre personnage (mais à bien y
regarder dans la vie courante aussi bien) : les gestes sont répétitifs. Plus encore,
notre personnage, n'ayant plus rien à faire (parce qu'on ne lui donne plus de
travail) n'a plus que les gestes pour se distraire, ou pour tromper ses collègues,
et faire semblant de faire quelque chose, ou faire semblant de vouloir faire
quelque chose (mais cela, au moins, il le sait, qu'il fait semblant).
Pourtant, en ce jour fatidique il se rend pour la dernière fois à son travail, les
gestes mêmes ne suffisent plus. - Et si l'on ne possède pas même ses gestes,
notre homme comprend alors que tout est définitivement perdu. Posséder l'acte
du suicide, qui est la seule chose qui reste à faire, se révélera alors presque
impossible.
Il faudra donc un coup de pouce du hasard, de la malchance, de la maladresse,
pour que notre personnage puisse aller au bout de son geste, et en faire un acte,
enfin.
Ce sera un suicide distrait, donc. Comme tout ce qu'aura fait notre personnage
dans sa vie : distraitement. Distrait par la pathologie (notre homme est-il
dépressif?), par les autres (notre homme est-il harcelé?), par les circonstances
(notre homme est-il dépendant son travail?), voilà ce que semble dire cette fin
de pièce. Que l'on fait tout dans une sorte de désenchantement, de désinvolture
ou de soumission, parce qu'on y tient pas vraiment, qu'on ne tient pas à la vie -
et tout simplement parce qu'il n'est pas possible de tenir (à) la vie.
Littéralement. Si bien que se jeter par une fenêtre pour embrasser la alité
d'une manière plus radicale et plus sensationnelle ne semble pas être une
meilleure solution. Ou du moins, est-elle paradoxale : car on heurte violemment
la réalité (ici le trottoir), et aussitôt qu'on la heurte, on en meurt.
L'acte nous précèderait donc toujours, et nous ne pouvons, au mieux, qu'en
admirer le geste.
De la même façon, une pièce de théâtre échappe parfois à son auteur, et lui
impose une résolution inattendue (ici poétique), quand on l'aurait voulu plus
crue, plus réaliste et plus violente. Mais c'est ainsi, et l'auteur laisse faire.
De la même façon encore, le comédien se plie à son personnage, sans toujours
comprendre ce que parfois ce personnage fait surgir en lui. Se plie également à
ce que le metteur en scène exige de lui qu'il fasse, sans parfois savoir la raison
de ces gestes, et si ces gestes lui appartiennent vraiment; et il laisse faire...
La pièce finit sur une sorte d'acte manqué, c'est-à-dire un acte qu'on a voulu,
sans l'assumer tout à fait, un acte donc qu'on laisse faire. "Acte manqué" dit
l'expression, c'est un acte pourtant qui réussit ici, puisque notre personnage
finit par se tuer, comme il l'avait annoncé, et promis.
1
Stéphane Els
1 . (Mais cela, le savons-nous vraiment ? Car c'est un comédien (ce spécialiste du faire semblant)
qui nous le dit; et nous sommes sur une scène de théâtre. Ultime incertitude donc. Au fond, tout
échappe, et rien n'est fiable.)
Biographies
FRANCK JOUGLAS (comédien)
Formé au Conservatoire du X
e
arrondissement de Paris sous la direction de
Jean Louis Bihoreau et Michèle Garay, Franck jongle du théâtre au cinéma.
Il rencontre Edouard Baer, et François Rollin, qui le recrute pour jouer ses
sketches dans le Grand Mezze, au Théâtre du Rond-Point. Il brille notamment
dans les comédies au Théâtre Fontaine et à la Comédie de Paris, sous la
direction de Dominique Deschamps et de Xavier Letourneur. Dans un tout
autre registre, il joue Grand Peur et Misère du III
e
Reich dans une mise en scène
de Myriam Zwingel. Récemment, il joue la Tour de la Défense de Copi au
Vingtième Théâtre dans une mise en scène de Thomas Ress.
Passionné d'histoire, il interprétera les rôles denses de Gilles de Rais, ainsi que
François Rabelais dans des textes de Bruno Seillier. Avec Xavier Lemaire, il joue
le Jeu de l’amour et du hasard au Théâtre Mouffetard et sur Avignon off, le Roi
Arthur, dans les éditions 2010 et 2011 de Villes en lumières de Troyes.
Plus récemment, il reçoit le Molière du meilleur spectacle de théâtre public 2015
pour les Coquelicots des Tranchées, de et mis en scène par Xavier Lemaire.
Franck est aussi musicien et a incarné des rôles pour le cinéma et la télévision
sous la direction de Mehdi Charef, Joyce Bunuel, Denys Granier Deferre,
Philippe Triboit, Jean Marc Brondolo, Pascal Bourdiaux, Myriam Jacquet…
Tous les ans, Franck se produit au festival d'Avignon off et apparaît au
générique de plus de 40 pièces de théâtres et autant de film de fictions.
Site Internet : www.franck-jouglas.book.fr
STEPHANE ELS (auteur, metteur en scène)
« Après une formation en cinéma, et en arts visuels, je me suis consacré à
l’écriture, et plus particulièrement au théâtre. Je suis l’auteur d’un recueil de
poèmes « Le ciel par-dessus tête », et de plusieurs pièces, dont « Jardin
d’enfant(s) », et « Un Drame ». J’assure la mise en scène de ces pièces, parce
que j’envisage dès l’écriture leur incarnation sur un plateau de théâtre. J’écris
donc pour mettre en scène ; il s’agit d’un processus continu ; et je défends cette
démarche de traduire jusqu’au bout la réalité d’une pièce. C’est la question pour
moi de savoir jusqu’où on peut avoir emprise sur la réalité, et lui imposer sa
fiction ou sa fantaisie. Toutefois appréciant le langage, la littérature, et la
psychologie, j’essaie de trouver un juste milieu entre une profondeur de pensée,
et une certaine spontanéité de jeu sur scène. Ayant également été performeur
et improvisateur pendant une dizaine d’années, cette expérience dans le milieu
de la danse contemporaine m’a donné une certaine connaissance de la scène, et
du travail sur le mouvement. Je suis donc sensible à un certain théâtre physique
- même s’il reste écrit, et s’inscrit encore, pour le moment, dans une dynamique
de récit. » S. Els
Site Internet : http://lanuitlejour.com/
Représentations
Cette pièce a été créée au Théâtre de Ménilmontant (20
e
arr.), du 6 au 9
janvier 2016, et jouée pour 4 représentations.
Elle a été reprise au Théâtre Darius Milhaud (19
e
arr.), du 29 octobre au 17
décembre 2016, et jouée pour 8 représentations.
Fiche pédagogique
Autour du spectacle
Comédien et auteur/metteur en scène sont disponibles pour rencontrer les
différents publics (entreprises, associations, milieu scolaire, maisons de
retraites…) pour une sensibilisation autour du théâtre, de la pièce, ou/et de son
sujet particulier.
Nous proposons également une éventuelle rencontre avec l’équipe artistique à
l’issue du spectacle.
Débat/forum
Etant donné son sujet, cette pièce peut aussi donner lieu à un débat après
spectacle, et à un forum pédagogique sur la question du suicide, et du mal-être
au travail.
La pièce elle-même, et son appareil pédagogique, peuvent notamment
intéresser le monde de l’entreprise. L’ensemble peut être proposé avec une visée
préventive sur ces questions difficiles qu’on n’ose peut-être pas discuter
ouvertement dans un contexte professionnel. On peut imaginer la présence
d’un psychologue, ou d’un médiateur dans l’entreprise pour conduire un tel
débat. Le comédien ou/et l’auteur peuvent être présents. L’ensemble peut être
coordonné par les ressources humaines de l’entreprise, ou toute autre structure
en charge de la politique HSE de l’entreprise, concernée par ces questions de la
sécurité au travail et de la santé des salariés.
Fiche technique
Espace scénique (minimum idéal mais adaptable)
Ouverture : 5,5 mètres / Profondeur : 5,50 mètres / Hauteur : 2,30 mètres
Éclairage adaptable en fonction de la configuration de la salle (Fiche
technique ci-jointe)
Loge pour 1 comédien
Durée du spectacle : 1h(05)
Installation du spectacle 4 services
1
er
service
Montage lumière, décor et pendrillons
- 1 ou 2 techniciens
2
e
service
Réglage lumière et son
- 1 technicien
3
e
service
Conduite lumière et réglage
-1 technicien
4
e
service
Répétition et spectacle
- 1 technicien
Démontage
- 1 ou 2 techniciens
Transport du décor par un véhicule, volume de décor : 1 à 2 m
3
.
Fiche technique régie scène
Lumière
- 1 console lumière 24 circuits Type ETC
- 24 circuits dont 6 au sol cour et jardin
- 06 projecteurs plan convexe 500w ou 1000W suivant distance+ crochet + PF
+ élingue
- 04 projecteurs Fresnel convexe 500w ou 1000W suivant distance+ crochet +
PF + élingue.
- 02 découpes ETC 575 W ouverture 25°
- 06 découpes type 613sx 1000W + crochet + PF + élingue.
- 02 découpes type 614sx 1000W + crochet + PF + élingue.
- 02 découpes: type 713sx 2000W+ crochet + PF + élingue ou découpe GA
HMI+ shooter
- 6 pieds 3 cour 3 jardin hauteur 2,9m ou accroche
- 1 éclairage salle gradué en douche ou contrejour ou 4 horiziode 1000W
- Prévoir une arrivée DMX et un directe fond de scène au sol, lointain jardin
plateau
- Une machine à brouillard DMX
- gélatine L201/ L202/ L026.
Son
- 1 Yamaha 01V 96
- 1 diffusion stéréo adaptée au volume de la salle APG, C heil…
- 1 diffusion stéréo de retour de scène accrocher APG, C heil… (aux 1 et 2).
- 1 lecteur cd.
Un Drame (extrait 1)
Un Drame (extrait 2)
Crédits photos et textes - © Stéphane Els
coordonnées
lanuitlejour@yahoo.fr
00 33 (0)6 84 79 31 01
contact administratif
compagnie la nuit le jour
aux bons soins d'Asphodèle Danses Envol
Maison des Associations
20, rue Edouard Pailleron
75019 Paris